WRC: Evans le roi lion d'Afrique, premier podium au Kenya pour Neuville

De l'avis de tous, c'est un des Safari les plus durs de l'histoire que les concurrents ont dû affronter cette fin de semaine au Kenya.
Une épreuve africaine marquée par des conditions météo difficiles et un terrain parfois plus dégradé que sur un Dakar. Pas de doute, cette joute du WRC a un caractère bien à elle et là où l'on compte généralement en secondes, ici les écarts se calculent plutôt en dizaines de secondes voire en minutes à l'arrivée.
Un rallye éprouvant où Toyota a de nouveau décroché la timbale. Les Yaris WRC1 restent donc invaincues depuis le retour de ce véritable marathon au calendrier mondial avec un cinquième succès d'affilée.
Très intelligent, Elfyn Evans a su ménager sa monture et éviter les embuches pour s'imposer avec 1.09.9 d'avance sur la Hyundai d'Ott Tanak. Un deuxième succès consécutif cette saison permettant au Gallois de porter son avance à 36 unités sur Thierry Neuville et trois de plus sur son équipier estonien.
« Je suis très fier et heureux de faire aujourd'hui partie de l'histoire de Toyota sur cette épreuve, » a commenté le leader du Mondial sur la plus haute marche du même podium qu'en Suède. « Je n'ai pas tenté le diable ce dimanche en visant des points supplémentaires. J'ai préféré assurer les 25 unités et surtout une victoire très importante pour toute l'équipe. »
Car une déconvenue aurait offert un doublé à Hyundai signant son meilleur résultat en Afrique avec notamment un triplé Fourmaux-Neuville-Tanak lors du Super Dimanche.
S'il a creusé encore l'écart sur ses rivaux de chez Hyundai, Elfyn Evans a surtout mis son équipier Kalle Rovanpera désormais à 57 points après l'abandon du Finlandais suite à des soucis électriques. C'est énorme après seulement trois manches. Si l'on ne va pas encore écarter le double champion de la course au titre, il faut bien avouer que son début de saison est catastrophique et que sa cote a chuté en flèche à la bourse du WRC.
Mal parti vendredi, contraint de mécaniquer lui-même à plusieurs reprises et écopant très rapidement de deux minutes de pénalité, Thierry Neuville est bien revenu dans le match ce week-end pour finalement terminer troisième à 3'32 du vainqueur.
« On peut enfin respirer maintenant, » a déclaré le Belge à l'arrivée. « On a enfin le résultat que l'on méritait. Tous nos efforts de vendredi et samedi ont été récompensés. Bravo à l'équipe qui a fait du super travail pour mener deux de nos trois voitures sur le podium. »
N'empêche qu'en terme de championnat, notre champion en titre ne réalise pas l'opération souhaitée en perdant encore des points sur ce diable d'Evans décidément très en verve depuis qu'il n'est plus considéré comme le N°1 au sein de son team et que l'on est passé des pneus Pirelli à Hankook.
Bonne quatrième place de Sami Pajari pour ses débuts africains après les retraits de ses équipiers Rovanpera et Katsuta et Top 5 mérité pour Grégoire Munster et Louis Louka. Un deuxième temps scratch en Mondial, deux points bonus dans la Power Stage et une cinquième place absolue que le pilote Ford dédiera volontiers à son grand-père décédé ce week-end. Condoléances à toute la famille Munster.
Enfin, on notera encore le succès en WRC2 de la Skoda de Gus Greensmith, 6e au classement général à 14'11 et la huitième place absolue de la Puma du plus Belge des Grecs, Jourdan Serderedis associé à notre compatriote Fred Miclotte. Gageons qu'il aura encore plein de sympathiques histoire à raconter...