WRC Monte-Carlo : La grande « dix » pour Ogier, compliqué pour Neuville

il y a 2 mois Olivier de Wilde

Sortie de route pour Greg Munster, Evans et Fourmaux complètent le podium. Notre champion Neuville décevant 6e.

Très courte, la dernière étape du Rallye Monte-Carlo a encore offert des rebondissements et pas mal de suspense grâce à une portion de quelques km de neige et de glace au Turini rendant les choix de pneumatiques pour la boucle cornélien.

Alors que jusque-là tout le monde s'en était toujours bien sorti, trois des pilotes de WRC1 parmi les moins expérimentés ont été victimes de sorties. Tout d'abord Takamoto Katsuta puis son équipier Sami Pajari dans la première spéciale matinale disputée à la lueur des phares. Avant Grégoire Munster ruinant dans l'avant-dernière spéciale un très bon rallye marqué par son premier scratch en Mondial.

Munster: "Ma sortie entache un bon week-end"

« Je n'avais pas de pneus cloutés et j'ai été surpris par une plaque de glace, » regrettait le pilote Ford. « Quand vous êtes premier sur la route, vous êtes aussi le premier à tomber dans les pièges. J'étais 20 à 30 km/h moins vite que jeudi soir, mais c'était encore trop rapide. C'est dommage car cela entache un bon week-end. Mais je préfère que cela se termine ainsi après avoir montré quelques belles choses plutôt que de finir 7e sans rien avoir prouvé. Au moins, notre position de départ sera bonne en Suède où ce sera un peu plus difficile pour nous. »

Avec une multitude de choix de pneus différents parmi les favoris, les écarts ont joué au « yoyo » et le suspense a été haletant jusqu'à la dernière « Power Stage » remportée par le maître des cols, Mr Sébastien Ogier assisté de Vincent Landais.

La bonne étoile d'Ogier

Un Gapençais portant son record de succès à Monaco à dix. Respect à l'octuple champion du monde devançant au final son équipier Elfyn Evans de 18.5 pour un superbe premier doublé Toyota.

« J'ai eu une bonne étoile sur le rallye, » disait-il, très ému en regardant vers le ciel. « Cela aurait déjà pu être terminé pour nous jeudi soir. On s'est payé quelques frayeurs, mais mon oncle parti l'an dernier et qui nous avait lancé en rallye veillait sur nous là-haut. Je lui dédie cette victoire. Est-ce la dernière ? Je ne sais pas. C'est peut-être le bon moment pour arrêter... »

Certainement pas. Même s'il ne sera pas en Suède, on reverra encore Sébastien Ogier sur plusieurs courses cette année. Et plus que probablement au départ de son « Monte » en 2026.

Evans premier des candidats au titre

Derrière lui, Elfyn Evans doit s'en vouloir pour une bête petite faute, un tête-à-queue à 20 km/h lui coûtant une quinzaine de secondes et la tête vendredi après-midi. Mais au final, le Gallois s'offrant une dernière petite touchette à moins d'un km de l'arrivée est le mieux placé des candidats au titre. Lauréat du Super Dimanche et deuxième de la Power Stage, le vice-champion du monde marque 26 unités (contre 33 à Seb Ogier) pour 20 à Adrien Fourmaux, 18 à Kalle Rovanpera, 11 à Ott Tanak et seulement 9 à Thierry Neuville.

Fourmaux meilleur pilote Hyundai

Impressionnant pour ses débuts avec Hyundai, Fourmaux, troisième à 7.5 de la 2e place, monte sur son premier podium à Monaco.

« C'est parfait pour démarrer ma collaboration avec ma nouvelle équipe, » se réjouissait le meilleur des pilotes Hyundai.

Venu à bout finalement d'un Ott Tanak alternant le très bon et le moins bon, Kalle Rovanpera échoue au pied du podium d'une épreuve qu'il n'apprécie guère : « Ce n'est pas le résultat ni le rythme que j'espérais, » a confié le double champion du monde finlandais au dernier point-stop. « Rendez-vous en Suède pour voir si je sais encore piloter une WRC. »

9 points seulement pour le champion

Après avoir bénéficié d'encore deux abandons ce matin, Thierry Neuville et Martijn Wydaeghe ramènent leur Hyundai au 6e rang ce qui leur vaut huit unités. Ils n'ont réussi à en grappiller qu'une seule en plus ce dimanche alors qu'ils visaient les dix points. Deux fautes, une crevaison, un souci technique et surtout, fait très rare, pas un seul meilleur temps, notre champion du monde est passé à côté de son Monte-Carlo.

« Effectivement, ce n'était pas notre week-end, » avouait notre compatriote qui n'a visiblement pas encore trouvé le mode d'emploi avec ses nouvelles gommes Hankook. « Je ne me suis jamais senti en confiance. On a fait un pari pour la dernière avec quatre pneus clous, mais il ne s'est pas avéré payant. On va apprendre de nos erreurs, essayer de mieux comprendre les pneus. Vivement la Suède où, seul point positif, nous bénéficierons d'une position sur la route qui devrait être avantageuse. »

Avec 9 points seulement, Thierry compte 17 unités de retard sur Evans, 11 sur Fourmaux, deux seulement sur Ott Tanak et surtout neuf sur Kalle Rovanpera que l'on considère comme le favori du championnat 2025. Ce n'est donc pas le départ de rêve de l'an dernier, mais pas non plus une totale catastrophe au niveau du championnat...

Charles Munster et Max Potty dans le Top 20

Au niveau des WRC2, la victoire revient pour la troisième année consécutive à la Citroën de Yohan Rossel devant la Skoda de Nikolay Gryazin et la Hyundai d'Eric Camilli. Belle quatrième place pour le champion de France Léo Rossel disputant son premier WRC.

Nos compatriotes engagés dans cette catégorie terminent aux 10e et 11e rangs, Charles Munster (Hyundai) devançant la Skoda de Maxime Potty de 43.8. Ils devancent tous les deux la Iron Dames Sarah Rumeau et finissent juste derrière Pablo Sarrazin (16e sur sa C3) et Raphaël Astier, vainqueur en RGT et premier deux roues motrices sur son Alpine A110.

Objectifs atteints aussi pour nos deux derniers représentants, Armand Fumal (Alpine, 2e RGT) et Lény Cols (Clio R3) qui rallient l'arrivée respectivement en 42e et 44e positions.

Le classement final: 1. Ogier-Landais (Fra/Toyota Yaris WRC1) en 3h19.06.1; 2. Evans-Martin (GB/Toyota Yaris WRC1) à 18.5 ; 3. Fourmaux-Coria (Fra/Hyundai i20 WRC1) à 26.0 ; 4. Rovanpera-Halttunen (Fin/Toyota Yaris WRC1) à 54.3 ; 5. Tanak-Jarveoja (Est/Hyundai i20 WRC1) à 59.0 ; 6. NEUVILLE-WYDAEGHE (BEL/Hyundai i20 WRC1) à 5.44.2 ; 7. McErlean-Treacy (Irl/Ford Puma WRC1) à 10.15.1 ; 8. Rossel-Dunand (Fra/Citroën C3 Rally2) à 10.26.8 (1ers WRC2) ; 18. C. MUNSTER-Pascaud (BEL-Fra/Hyundai i20 Rally2) à 24.43.4 ; 19. POTTY-HERMAN (BEL/Skoda Fabia Rally2) à 25.27.2 ; 42. FUMAL-Escartefigue (BEL-Fra/Alpine A110 RGT) à 52.50.6 ; 44. COLS-LOPES (BEL/Renault Clio Rally3) à 55.11.3

 

Mots-clés: Rallye Sports Moteur

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